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Cloud gaming : le PC gamer à 2 000 € est-il encore indispensable ?

par Med Med
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Un jeune homme joue à un jeu vidéo de fantasy sur un ordinateur portable dans un salon lumineux, utilisant une manette pour profiter du cloud gaming.

Pendant longtemps, jouer aux derniers titres dans de bonnes conditions imposait une règle presque incontournable : posséder une machine suffisamment puissante. Processeur récent, carte graphique performante, mémoire vive, SSD rapide… À mesure que les jeux devenaient plus exigeants, la facture d’un PC gaming pouvait facilement grimper.

Le cloud gaming remet progressivement cette logique en question.

Son principe est presque déroutant de simplicité : au lieu de faire fonctionner le jeu sur l’ordinateur du joueur, les calculs sont effectués sur un serveur distant. La machine située à la maison n’a plus qu’à afficher le flux vidéo reçu et à transmettre les commandes du joueur.

Sur le papier, cela signifie qu’un ordinateur portable relativement modeste pourrait offrir une expérience autrefois réservée à une grosse configuration gaming.

Mais peut-on réellement abandonner son PC gamer pour jouer uniquement dans le cloud ?

Quand la carte graphique se trouve à plusieurs centaines de kilomètres

Dans un jeu installé traditionnellement sur un PC, presque tout se passe localement.

Le processeur gère une partie des calculs, la carte graphique produit les images et le stockage fournit les différentes données nécessaires au jeu.

Avec le cloud gaming, cette architecture est totalement bouleversée.

Le jeu fonctionne dans un centre de données équipé de machines puissantes. Chaque image est calculée à distance, compressée puis envoyée via Internet jusqu’à l’écran du joueur.

Lorsque celui-ci appuie sur une touche ou déplace sa souris, l’information effectue le trajet inverse.

La technologie permet donc de dissocier complètement l’appareil utilisé pour jouer de la puissance nécessaire pour exécuter le jeu.

C’est probablement le changement le plus important : acheter un jeu exigeant ne signifie plus forcément devoir posséder le matériel capable de le faire fonctionner.

Un ordinateur modeste peut soudain devenir une machine gaming

C’est évidemment l’un des principaux arguments du cloud gaming.

Une carte graphique haut de gamme représente généralement l’un des composants les plus coûteux d’un ordinateur destiné aux jeux vidéo. Elle consomme également de l’énergie, produit de la chaleur et doit parfois être remplacée après quelques générations pour maintenir un niveau de performances élevé.

Le cloud déplace ces contraintes vers le fournisseur du service.

L’appareil du joueur doit essentiellement être capable de décoder correctement un flux vidéo et disposer d’une connexion suffisamment performante.

Cela ouvre des possibilités intéressantes.

Un ultrabook conçu principalement pour la bureautique, un mini-PC ou certains autres appareils peuvent théoriquement accéder à des jeux beaucoup plus exigeants que ce que leur matériel permettrait normalement.

Cette évolution contribue également à brouiller les frontières traditionnelles entre les plateformes.

Le véritable composant gaming devient alors la connexion Internet

Supprimer la nécessité d’une grosse carte graphique ne signifie toutefois pas supprimer toutes les contraintes.

Elles changent simplement de nature.

Dans le cloud gaming, une excellente connexion devient essentielle. Et contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le débit maximal affiché par un abonnement Internet n’est pas le seul élément important.

La stabilité de la connexion est au moins aussi déterminante.

Un débit très élevé accompagné de variations importantes de latence peut produire une expérience moins agréable qu’une connexion légèrement plus lente mais parfaitement stable.

Chaque commande doit en effet effectuer un aller-retour entre le joueur et le serveur.

Lorsque ce délai devient trop important, un phénomène particulièrement désagréable apparaît : le joueur effectue une action, puis voit son personnage réagir légèrement plus tard.

Dans un jeu calme, ce retard peut passer presque inaperçu. Dans un FPS compétitif, un jeu de combat ou un titre demandant des réflexes précis, quelques dizaines de millisecondes supplémentaires peuvent complètement modifier les sensations.

La fibre ne règle pas forcément tout

On pourrait penser qu’une connexion fibre suffit automatiquement à supprimer le problème.

Ce n’est pas aussi simple.

La distance avec le centre de données utilisé, la qualité du réseau domestique, le routeur et même la manière dont l’appareil est connecté peuvent influencer l’expérience.

Un PC relié directement en Ethernet dispose généralement d’une connexion plus stable qu’un appareil situé à plusieurs pièces du routeur et connecté à un réseau Wi-Fi saturé.

Le développement des nouvelles générations de Wi-Fi améliore progressivement la situation, mais le réseau local reste un élément à ne pas négliger.

Le paradoxe est intéressant : avec le cloud gaming, optimiser son installation ne consiste plus forcément à remplacer sa carte graphique. Cela peut simplement signifier améliorer son réseau.

L’industrie commence à concevoir du matériel directement autour du cloud

Ce changement apparaît également dans les produits qui entourent désormais le jeu vidéo.

Pendant des années, une manette était essentiellement conçue pour communiquer avec une console ou un PC situé à quelques mètres du joueur.

Aujourd’hui, certains fabricants réfléchissent à des périphériques capables d’interagir beaucoup plus directement avec les services en ligne.

C’est l’une des tendances intéressantes à suivre dans l’actualité gaming. Gameulous, média consacré aux jeux vidéo et à la tech, a notamment relayé récemment l’apparition en photos d’une manette Xbox conçue autour du cloud gaming, avec notamment une connectivité Wi-Fi directement intégrée.

L’idée derrière ce type d’appareil est importante : réduire les intermédiaires entre les commandes du joueur et le serveur pourrait permettre de diminuer encore une partie de la latence.

Même les accessoires commencent donc à être pensés en fonction d’un environnement dans lequel la console physique n’est plus nécessairement au centre de l’expérience.

La qualité d’image reste le principal avantage du jeu local

Malgré ces progrès, un PC puissant conserve un avantage difficile à éliminer : lorsque le jeu fonctionne directement sur la machine, l’image n’a pas besoin d’être transformée en flux vidéo avant d’être affichée.

Dans le cloud, les images doivent être compressées afin de pouvoir traverser Internet suffisamment rapidement.

Les algorithmes de compression sont désormais très performants, mais certaines scènes restent difficiles à traiter.

Les mouvements rapides, les particules, la végétation très détaillée ou certaines zones sombres peuvent révéler plus facilement des artefacts de compression.

Sur un petit écran, ils peuvent être difficiles à remarquer. Sur un grand moniteur haute définition utilisé à courte distance, la différence avec un rendu calculé localement peut devenir beaucoup plus visible.

Un PC gaming conserve donc un sérieux avantage pour celui qui recherche avant tout la qualité graphique maximale.

Posséder son matériel offre aussi une certaine indépendance

Il existe également une différence moins technique, mais importante : la dépendance au service.

Un jeu installé localement peut généralement être lancé sans devoir envoyer en permanence son affichage à travers Internet.

Avec le cloud, la situation est différente.

Une panne de connexion, une maintenance du service ou une saturation temporaire des serveurs peut empêcher de jouer correctement, même lorsque l’ordinateur fonctionne parfaitement.

Le catalogue constitue une autre variable.

Tous les jeux disponibles sur PC ne sont pas nécessairement proposés par l’ensemble des plateformes de cloud gaming. Les accords entre éditeurs et fournisseurs peuvent évoluer et modifier l’accès à certains titres.

Le cloud apporte donc énormément de flexibilité, mais cette flexibilité s’accompagne d’une dépendance plus importante à l’infrastructure extérieure.

Le cloud gaming pourrait surtout éviter l’achat d’un deuxième PC puissant

C’est probablement dans ce domaine que la technologie devient particulièrement intéressante.

Le cloud gaming ne remplacera peut-être pas immédiatement le PC principal d’un passionné disposant d’une grosse configuration. En revanche, il peut éliminer la nécessité de multiplier les appareils très performants.

Un joueur peut par exemple disposer d’un ordinateur gaming à son domicile tout en utilisant un portable léger lorsqu’il se déplace.

Auparavant, profiter des mêmes jeux dans de bonnes conditions nécessitait éventuellement un second ordinateur suffisamment puissant.

Avec le cloud, le PC portable peut devenir une simple fenêtre donnant accès à une puissance située ailleurs.

La logique d’achat change alors complètement.

Au lieu de se demander si chaque appareil possède une carte graphique suffisamment puissante, on peut davantage choisir un ordinateur selon son autonomie, son poids, son écran ou son confort d’utilisation.

La consommation du matériel pourrait elle aussi évoluer

Le cloud gaming soulève néanmoins une question intéressante concernant l’énergie.

Du côté du joueur, l’appareil peut évidemment consommer beaucoup moins qu’un PC équipé d’une puissante carte graphique utilisée à pleine charge.

Mais les calculs n’ont pas disparu.

Ils ont simplement été transférés dans un centre de données, auquel il faut ajouter les infrastructures réseau nécessaires pour transporter continuellement les images.

Il serait donc trompeur d’imaginer que le cloud rend automatiquement le gaming moins énergivore.

Il transforme surtout l’endroit où cette énergie est consommée et permet aux opérateurs de mutualiser une partie des infrastructures.

Alors, faut-il encore acheter un PC gamer ?

Tout dépend finalement du type de joueur.

Pour quelqu’un qui souhaite obtenir la meilleure qualité graphique possible, profiter d’une latence minimale, modifier ses jeux ou disposer d’un maximum de liberté, la machine locale conserve de sérieux arguments.

Pour un joueur plus occasionnel, la situation est différente.

Investir une somme importante dans une carte graphique utilisée seulement quelques heures par semaine devient plus difficile à justifier lorsque des serveurs distants peuvent fournir ponctuellement cette puissance.

Le cloud gaming pourrait donc reproduire une évolution déjà observée ailleurs dans l’informatique.

Nous avons progressivement cessé de stocker toutes nos photos localement, d’installer certains logiciels lourds ou d’héberger nous-mêmes de nombreux services. La puissance informatique devient de plus en plus souvent quelque chose que l’on utilise à distance plutôt qu’un équipement que l’on possède physiquement.

Le PC gamer ne disparaîtra probablement pas, mais son rôle va changer

Opposer totalement cloud gaming et PC traditionnel est finalement une erreur.

Les deux modèles ont de bonnes chances de coexister.

Le joueur passionné pourra continuer à disposer d’une machine puissante chez lui tout en utilisant le cloud lorsqu’il se trouve sur un appareil moins performant. Un autre utilisateur pourra au contraire décider que quelques heures de jeu par semaine ne justifient plus l’achat régulier de composants haut de gamme.

L’évolution la plus importante n’est donc peut-être pas la disparition du PC gamer.

C’est l’apparition d’un choix qui n’existait pratiquement pas auparavant.

Pour jouer à un titre technologiquement très exigeant, posséder une machine tout aussi exigeante n’est progressivement plus une obligation.

Et si les progrès des réseaux, de la compression vidéo et des infrastructures cloud continuent au même rythme, la question que se poseront les joueurs dans quelques années ne sera peut-être plus « quelle carte graphique dois-je acheter ? », mais simplement « ai-je encore besoin d’en acheter une ? ».

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